La sagesse est au coin de la rue

Mes petites tribulations

 

Alors pour voir les étoiles filantes, c’est facile, tu te mets face au phare, une main sur l’oeil et tu regardes au Nord-Ouest 2 septembre 2009

Pour l’Etat Civil, il s’appelait Georges, né le 4 mai 1938 de l’autre côté de la Méditerranée, au cœur de la ville d’Alger, alors seconde capitale de la France.

Mais tout de suite, il devint Georgeot, fils aîné d’un père cheminot d’origine alsacienne et d’une toute jeune maman de 16 ans. D’une intelligence exceptionnelle, doux et timide, il eut à cœur au fil des ans d’apporter un soutien plein de tendresse à ses parents, allant jusqu’à tricoter la layette des plus jeunes et soulager par tous les moyens une charge de travail toujours croissante avec l’arrivée après lui de 7 frères et sœurs.

Il assuma avec tout autant de générosité ce rôle nouveau de frère aîné. Habile de ses doigts, il fabriquait des jouets en bois pour ses frères et habillait les poupées de ses sœurs. Il construisait aussi les meubles de famille avec déjà beaucoup d’ingéniosité. Toute sa vie, il resta pour la fratrie un guide généreux, rédigeant les lettres administratives, prêtant, donnant son matériel et son temps, offrant des cadeaux et soutenant financièrement les projets.

Malgré une scolarité stoppée un an par une grave méningite en 1951 alors qu’il avait 13 ans, il se montra brillant dans ses études et fut l’unique lauréat d’Afrique du Nord en 1958 au concours d’entrée à l’école d’ingénieur des Arts et Métiers. Il dut alors quitter sa famille et s’exiler seul en métropole à Aix en Provence de 1959 à 1963 où il devint Scipion l’Africain. Grâce à ce surnom, et malgré l’exil, il gardait pour toujours la marque de l’Afrique qu’on retrouverait à jamais dans sa signature.

L’Hymne des Gadzarts dit : « Fraternité, c’est là notre devise ». Ces mots étaient faits pour lui ! Il ne pouvait donc que devenir totalement gadzart : un ingénieur efficace, un technicien jusqu’au bout des ongles ( l’auriculaire, disait-il, doit toujours être taillé de manière à servir de tournevis on ne sait jamais ) esprit pratique refusant les fioritures ( les bassins avec des petits jets d’eau), d’une originalité affirmée ( il nous avait composé une chanson « mais qui c’est-y, qui c’est-y » qui n’a laissé que des souvenirs joyeux), peut-être aussi un goût prononcé pour les facéties ( sa blague préférée, c’était de crier « Pan » lorsqu’on ouvrait un cadeau d’anniversaire ; il en a traumatisé plus d’un ) sur un fond de discours paillard, dans le sens gadzarique du mot bien sûr ! Paillard voulant dire « amusant, drôle ».

Scipion l’Africain était un général romain qui avait traversé la Méditerranée pour attaquer Carthage, battre le grand Hannibal et en finir ainsi avec la seconde guerre punique. A son exemple, Georgeot sut tirer profit d’une situation pourtant déstabilisante et difficile pour lui : loin de sa famille, loin d’une terre natale en souffrance à cette époque-là, entourés de camarades sensiblement différents pour gravir les échelons de la réussite sociale et devenir un meneur d’hommes, de chantiers, d’équipes, de familles.

Ce fut aussi pour lui une époque d’avidité intellectuelle : il découvrit (et nous fit découvrir plus tard ) les romans en livre de poche, les opéras et Georges Brassens. Il avait en commun avec lui de tenir compte des actes plutôt que des mots, d’être sensible aux petites gens au grand cœur, à l’Auvergnat, à la Jeanne, de rendre concret et simple les grandes philosophies, et sous des dehors d’anarchiste d’être sans le savoir tout simplement un chrétien en actes.

Il suivit la voie de son père et postula en 1963 à la SNCF, qui accepta sa candidature : chef de district à Rodez, chef des ateliers de la voie à Chamiers, puis fonctionnaire supérieur à Paris. L’engagement du cheminot à l’esprit-maison cette fois encore fut total. Des trains, toujours plus de trains….Il mit au point plusieurs systèmes et participa au projet TGV.

Le 17 avril 1971 : Il épousa Marie-Paule et devint…. mon beau-frère. Cela lui fit une deuxième grande famille à soutenir de conseils juridiques et de plans d’architecte. Et bientôt une troisième famille… car en janvier 1972 arriva un petit Olivier, puis très vite en 1973 Ingrid montra le bout de son petit nez : même pantalon que son frère, mêmes chaussettes ( toujours l’esprit pratique !) Elodie, elle, n’arrivera que 13 ans plus tard, très étonnée de l’intérêt qu’elle suscitait chez ces quatre grands. Elle fit un soir une pause respiratoire et fut ramenée énergiquement par son père au souffle de la vie : il avoua alors n’avoir jamais très bien su quelle petite voix l’avait poussé vers le berceau à ce moment-là et envisageait l’existence d’un grand ordonnateur cosmique, quelque chose comme un super gadzart. Il fut un père plus éducateur que papa-poule, appelant sans relâche ses enfants à la réflexion.

Dans les années 80, il décida de visiter le monde, d’aller porter la flamme du chemin de fer français dans de lointaines contrées : en Argentine, au Chili, au Mexique, il devint « el senor ingeniero ». Il fut aussi mandaté par l’ONU pour une mission au Cameroun.
Sa générosité continuait de se manifester envers les jeunes : deux générations d’étudiants fauchés (de mère en fille !), les stagiaires plus ou moins norvégiens, deux ou trois étudiants argentins et une artiste mexicaine.

Mais le chemin de fer étant le moyen de transport de loin le plus écologique, il devint, une fois à la retraite, militant associatif. Encore un peu Scipion mais dans une version écologiste, il combattit Vulcania mais Saint Georges hélas ne terrassa pas le dragon. Dix ans avant tout le monde, il nous initia ensuite à la collecte des ordures sèches et des ordures mouillées (Georgeot, je n’y ai jamais rien compris et j’ai peur de ne pas être la seule)
Avec ses camarades, il occupa pendant une nuit une grotte qui devait être détruite, pour alerter les media sur la disparition des chauves-souris qu’elle abritait. Il était aussi président de l’Association « Des trains en plus pour demain ». Nous retrouvâmes avec surprise son nom ( notre nom !) sur une liste électorale aux élections municipales de mars 2008.

Enfin, en octobre 2002, il changea encore de nom et devint , dans la bouche de Sarah et plus tard, en 2006, d’Emma « Papinou ». Et il se transforma en papi-poule, c’est à dire en papi qui vous apprend à nourrir les poules. On n’en avait pas fini avec les « pan » aux fêtes d’anniversaire !

Pourtant, malgré une volonté de fer, la maladie, longue et douloureuse, finit par l’emporter mais il s’est battu jusqu’au bout, “de ses minuscules restes de forces contre son cancer de tout”.

C’est pourquoi, nous tous ici rassemblés, nous vous disons : merci Georges pour tout ce que vous avez fait pour nous, merci Georgeot, merci Scipion , merci monsieur l’ingénieur, merci Papa, merci Tonton, merci Jojo, merci Papinou. On ne vous oubliera pas et vous nous manquerez les soirs de Noël mais comme l’a chanté Brassens dans « Les copains d’abord » jamais, au grand jamais, votre trou dans l’eau ne se refermera.

Il faut croire, il faut croire à nos retrouvailles là-haut, sur les strapontins du Bon Dieu.

Texte écrit par ma maman et lu lundi après-midi.

 
 

Il est ressuscité, oui, il est vraiment ressuscité 12 avril 2009

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Ami lecteur, te voilà à la fin de ton chemin de croix annuel, le jour de la Résurrection !!! Joie et bonheur sur toute la Terre, c’est LE jour du calendrier chrétien. Les cloches reviennent de Rome où elles étaient parties depuis Jeudi Soir, ramenant avec elles des chocolats par milliers. C’est quand même un peu plus la classe que le Easter Bunny que vraiment je sais pas qui a eu cette idée curieuse (apparement le coupable serait allemand…)(ah zut on avait dit joie et bonheur sur toute la Terre)

Bon allez joie et bonheur avec une débauche de jolis Jésus glorieux saint-sulpiciens !

jésus tombeaujésus pâquesjésus tombeau
Heinrich Hofmann
Petit travail pratique pour la route : de quelle couleur serait-il de bon ton que tu choisisses tes vêtements aujourd’hui ? Pourquoi le Christ se trimballe-t-il les bras levés ?
 
 

Il est descendu aux Enfers 11 avril 2009

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Le Samedi Saint se vit dans le silence, puisque c’est le seul jour où la messe n’est pas célébré. Pas de chant donc.

D’ailleurs il n’existe quasiment pas de réprésentation artistique du Samedi Saint, du moins très peu chez les artistes occidentaux. Mais il existe une icône orthodoxe, qui permet de méditer sur le Samedi Saint et l’attente du retour du Christ : celle de la Descente aux Enfers.


La Descente aux enfers de Jésus Christ (Anastasis - Η Ανάστασις) - Maria Lavie

Maria Lavie est une peintre et iconographe française qui a été formée à la peinture de l’icône à Patmos en Grèce. Même si l’art de l’icône est millénaire, il a connu plusieurs courants. L’icône qui vous est présentée ci-dessus appartient au courant des années 60, où la sobriété et un choix de couleurs plus foncées s’est imposé (l’or est réduit au minimum vital, rompant avec le “fond d’or” qui caractérisait pourtant l’icône à ses débuts).

Jésus est donc descendu aux Enfers pour ressusciter les morts, avant de ressusciter lui-même. Il est d’ailleurs ici entouré de sa mandorle (les deux arcs bleus autour de lui), qui est là pour nous dire que ce n’est pas le corps “humain” du Christ que nous voyons, mais son “corps glorieux”, et d’ailleurs nous sommes exactement au moment juste après le passage de l’un à l’autre. Le Christ est venu chercher Adam (que l’on reconnaît à sa très longue barbe, qui témoigne de son vieil âge) et Eve, pour les libérer de leur péché, du péché originel, et les ramener dans l’Eden. J’attirerais votre attention sur le geste de Jésus qui les empoigne pour vraiment les extirper de leurs ténèbres. C’est un rappel d’un poème de l’Exode, de la Pâque Juive : “d’une main ferme, le Seigneur nous a sortis d’Egypte, de l’esclavage”. Ici Jésus sort le peuple de Dieu de l’esclavage suprême du péché.
Cette libération est représentée les clés et des serrures brisées qui sont éparpillées au bas de l’icône. Les deux panneaux, sous les pieds du Christ, représentent les Portes des Enfers (les monts escarpés à droite et à gauche en haut sont d’ailleurs des codes pour signifier que la scène se passe dans le monde des enfers), que le Christ a ouvert et qui sont brisées à tout jamais.
A gauche de Jésus, c’est Jean-Baptiste, le dernier prophète, dont les cheveux n’ont pas eu le temps de blanchir puisque cela fait peu de temps qu’il est mort, qui le montre du doigt pour désigner l’Agneau de Dieu qu’il avait annoncé et la réalisation des prophéties.

Tout est prêt pour que Jésus revienne nous montrer son “corps glorieux”, demain.

Sources : Iconographie de la Résurrection dans la tradition orthodoxe

 
 

Tout est accompli 10 avril 2009

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De noche, iremos
De noche
Que para encontrar la fuente

Solo la sed nos alumbra
Solo la sed nos alumbra

(St Jean de la Croix)

Aujourd’hui est le premier jour de la neuvaine de la Divine Miséricorde, créée par Sainte Faustine en 1935. Soeur Faustine, d’origine polonaise et canonisée par Jean-Paul II, a ainsi eu une vision qu’elle fera représenter par un très très très célèbre tableau… tu peux même suivre l’histoire de sa restauration ici.

premier tableau jésus miséricordieux
Le premier tableau peint pendant la vie de Ste Faustine

Je voyais ces deux rayons sortant de l’Hostie, les mêmes qui sont sur l’image, ils étaient étroitement unis, mais ne se confondaient pas… (…) Ces deux rayons indiquent le sang et l’eau – le rayon pâle signifie l’eau, qui justifie les âmes ; le rayon rouge signifie le sang, qui est la vie des âmes. Ces deux rayons jaillirent des entrailles de ma miséricorde, alors que mon cœur, agonisant sur la croix, fut ouvert par la lance.

Il y a eu ensuite une deuxième version du tableau, peinte après la mort de Faustine, qui est devenue bien plus populaire. Ci-dessous, vous pouvez admirer l’autel du sanctuaire qui a été élévé à Cracovie après la canonisation de Ste Faustine et le retable italien (on ne change pas une équipe qui gagne) enserrant le même tableau dans l’église du Saint Esprit Sassia à Rome. A noter que le style du retable fait plus penser à la Renaissance Italienne qu’à l’âge baroque mais c’est très joli aussi ^^’

sassia divine miséricorde
 
 

Ceci est mon corps 9 avril 2009

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Non mais vous n’espériez pas y échapper cette année hein ? Bon en vrai, je me suis rendue compte, horrifiée, dans le bus qui m’amenait au travail ce matin que je n’avais pas préparé d’articles pour la Semaine Sainte ! Donc on va improviser une Semaine Sainte tradi cette année, car après tout, c’est dans les vieux chaudrons…

Le Jeudi Saint, c’est - comme je vous le rabâche tous les ans - le jour du dernier repas, avec le lavement des pieds et l’institution de l’Eucharistie…

Alors pour le premier, un petit chant du groupe Exo et pour le second, une homélie du Père Simon !

Ceci est mon corps

Aujourd’hui on entre dans les églises comme on entre dans un moulin, casquette vissée sur la tête, mp3 aux oreilles et chewing-gum à la bouche, ben oui une église au fond c’est qu’un monument comme un autre, qui se visite comme les autres. Il se trouve que l’autre jour un petit gars entre à Saint-Pierre pendant la messe, au moment précis de l’élévation, quand le prêtre tient entre les mains l’hostie consacrée et que tous les fidèles, sont, qui à genoux, qui debout, en tout cas tous en silence, regardant fixement, adorant, le Christ présent devant eux.
Notre p’tit gars à la casquette interroge sa mère : « Qu’est ce qu’ils font Maman à tous regarder un morceau de pain et puis pourquoi y’en a à genoux, ils sont fous ou quoi !! » La mère qui n’a pas beaucoup plus de catéchisme que son gamin ou qui en tout cas a tout oublié des bribes qu’elle avait entendu dans sa jeunesse, mais qui ne veut pas paraître inculte devant son mouflet : «Ecoute tais-toi et regarde : c’est la messe » Le gamin insistant, limite énervant « C’est quoi la messe ? », a mère qui ne veut pas perdre la face : «c’est un spectacle, c’est un peu comme la Star Ac’, on chante, le curé il a une tenue de scène et y’a une chorégraphie avec des gestes compliqués et tout ! Et là si tu veux c’est un peu le milieu de la choré»

Eh oui vu de l’extérieur la messe ça ressemble à un spectacle ; sans la foi, la messe ça pourrait être une sorte de rassemblement politique, un meeting de campagne ou la Nouvelle Star.
On peut pas le blâmer le p’tit gars de tout à l’heure, sans la foi, au moment de l’élévation on ne voit que du pain. Oui mais vous me direz avec la foi on ne voit que du pain aussi. C’est vrai. On ne voit que du pain et même quand vous communiez, vous ne goutez que le goût du pain et pourtant quand le prêtre dépose sur votre langue ou dans vos mains l’hostie consacrée il vous dit « le corps du Christ », et vous vous répondez « amen », ça veut dire je crois, je crois Seigneur que c’est toi, tu es là présent.

Avons-nous une seule bonne raison de croire ? « Ben oui ! Je crois parce qu’on me le dit », « Et qui te l’a dit ? » « Ma mère, et sa mère avant elle et comme ça on pourrait remonter loin. » En effet on pourrait remonter loin, en fait on pourrait remonter jusqu’à Saint Paul et de lui jusqu’à Jésus : « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu : le Seigneur la nuit où il fut livré prit du pain … ceci est mon corps »

Voilà pourquoi nous croyons, la seule bonne raison pour laquelle nous croyons, c’est pas pour nous rassurer, pas pour faire comme nos parents, ni comme les autres d’ailleurs : nous croyons parce que Jésus nous l’a dit et parce que nous avons confiance en lui, parce que nous croyons en lui. Bien sûr nous avons confiance en notre mère et notre grand-mère, mais nous avons encore plus confiance en Jésus : parce qu’il ne peut ni se tromper ni nous tromper.

Mais au fait quand est-ce qu’il nous l’a dit, reprenez votre Evangile : « Le soir du dernier repas, le Seigneur prit du pain , il le rompit et le donna à ses disciples en disant : “Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps” » “Ceci est mon corps” : Jésus tient un morceau de pain dans la main, il le présente à ses disciples et il dit “Ceci est mon corps”, il ne dit pas ceci représente mon corps, ni ceci est le symbole de mon corps, il dit “Ceci est mon corps”. Grammaticalement la phrase la plus simple qui soit : sujet, verbe complément. Alors bien sûr on peut chipoter, on peut discuter, interpréter, mais bon.
Et les disciples ont crus, ils ont crus ce que disait Jésus, ce que disait celui qui ne leur avait jamais menti, et d’ailleurs pourquoi ne l’auraient-ils pas cru. Leurs yeux voient du pain mais leur cœur croient que c’est véritablement le corps du Christ.

Et nous aujourd’hui encore nous le croyons, nous le croyons parce qu’il a dit à ses disciples « Faites ceci en mémoire de moi » et depuis 2000 ans les disciples, l’Eglise refait ce que Jésus a fait, elle redit les même paroles et chaque fois le miracle s’accomplit.

Double miracle : premier miracle : le pain et le vin sont changé en corps et sang de Jésus, deuxième miracle : nous croyons que ce que dit Jésus est vrai, notre cœur croit ce que nos yeux ne voient pas. Nous croyons que Jésus est véritablement présent sous l’apparence du pain et du vin, nous croyons qu’Il se donne à nous, nous croyons qu’Il est avec nous pour toujours, comme Il nous l’avait promis.

Voila pourquoi le p’tit gars de tout à l’heure s’étonnait de nous voir à genoux, et il a raison c’est pas commun de se mettre à genoux. Voilà pourquoi nous nous mettons à genoux, non pas pour faire quelques exercices de souplesse et impressionner nos voisins de bancs, non pas pour nous reposer et en profiter pour piquer un petit roupillon en dissimulant habilement notre visage dans nos mains, non pas parce que ça fait plus pieux ou plus tradi ou pour en remontrer aux autres. Non ! Nous nous mettons à genoux parce que c’est Dieu. Point. Nous nous mettons à genoux parce qu’un catholique ne se met à genoux que devant son Dieu et devant personne d’autre : ni les puissants, ni l’argent, ni le Stade Toulousain, ni la victoire, ni une promotion mirobolante. Nous ne nous agenouillons que devant notre Dieu. Non pas un agenouillement servile et apeuré, mais un agenouillement d’homme devant son Dieu.

Ne le dites pas à Mgr Le Gall, je veux lui faire une surprise pour Pâques, mais je crois que j’ai trouvé le moyen de remplir les églises, non pas seulement Saint-Pierre, mais toutes les églises du diocèse. Imaginez qu’au moment de la communion, au lieu de distribuer des hosties je me présente avec un panier plein de billets de 10 euros et qu’à chaque personne qui se présente je tende un de ces billets, je lui dirai « 10 euros » et lui répondra « amène » (joignant le geste à la parole). Je suis certain que nos églises seraient pleines, le dimanche bien sur mais même pour les messes de semaine, nous serions obligés de doubler voir tripler les messes, l’affluence, la gloire, le succès, génial non ?
Tout à l’heure quand vous vous approcherez pour communier, les yeux brillants de désir, ce n’est pas un billet de dix euros que je déposerai au creux de votre main, c’est Dieu.

 
 

Queensland… where else ? - Côte du Capricorne 8 avril 2009

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Jour 5 : De Airlie Beach à Rockhampton

Nous nous sommes réveillées tôt pour avaler une fois de plus de nombreux kilomètres avec un but précis : avoir dépassé le tropique du Capricorne à la fin de la journée. En effet, une fois en dessous, nous n’étions plus en milieu tropical et nous étions définitivement hors de portée du cyclone. Car il y avait bien un cyclone, prénommée Charlotte, puisqu’il se déplaçait de l’Ouest vers l’Est (dans l’autre sens, ils portent un nom masculin) qui s’est formé dans la nuit du dimanche et qui au lieu d’aller vers Cairns, est parti vers le Sud bref se dirigeait droit sur nous !

Le changement d’une région à l’autre, des tropiques au climat plus méditerranéen de Brisbane s’est fait insidieusement au fil du parcours. En fait toute cette région est caractérisée par une activité industrielle, agricole et portuaire très importante. Les villes ne sont pas très touristiques car elles possèdent toutes des ports développés et des usines de charbon, d’électricité ou de gaz qui “gâchent” un peu le paysage (je sais que certaines personnes peuvent passer des heures à contempler des usines, je vais probablement épouser l’un d’entre eux un jour ^^’). Nos arrêts dans les villes furent donc très brefs, juste histoire de se dégourdir les jambes et de faire une ou deux photos. C’est ainsi que j’ai rencontré mon premier crocodile…


Vous voyez ici une des plages sauvages que nous avons rencontrées sur la route… à quelques mètres à peine d’une énorme gare de stockage de charbon… sympa non ?

Nous sommes donc arrivées relativement tôt à Rockhampton. Au lieu de nous arrêter, nous avons alors poussé un peu plus loin avec la voiture pour aller en bord de mer. Nous avons alors découvert 3 petits villages de caractère, tous les trois très différents mais vraiment intéressants à visiter, juste pour saisir l’ambiance de bord de mer. Avant de vous les décrire, je tiens à vous parler de la petite chapelle St Christopher, dont nous avons croisé la route totalement par hasard, en nous trompant à une bifurcation !

La chapelle St Christopher est ainsi l’unique vestige d’un immense camp militaire, où les armées américaines et australiennes ont stationné pendant plusieurs mois pendant la Deuxième Guerre Mondiale, en attendant d’aller combattre dans le Pacifique. Cette petite chapelle, qui n’a jamais été restaurée, est située en haut d’une colline, n’a aucun mur, c’est une simple charpente de bois peinte en blanc qui abrite des bancs et le mur du choeur en pierre… et détail amusant, comme la chapelle a été bâtie avant Vatican II, l’autel est contre le mur, le prêtre tournant le dos à l’assemblée… on trouve aussi des grilles de communion (très rudimentaires, certes) !

 
 

Merry Christmas ! 24 décembre 2008

Voilà pour nous, c’est officiel, le Christ est né depuis 3h30 ! Et je suis particulièrement au courant car j’ai vécu 2 messes de minuit ce soir, la première à 19h30 chez les Soeurs avec mes petits vieux et la seconde à minuit tapante dans la cathédrale de Melbourne. D’ailleurs moi qui râlais depuis des semaines que les décorations étaient inintéressantes et vides de sens, j’ai été comblée par les compositions florales qui décoraient la cathédrale… une orgie de lys blancs et de roses rouges, avec des feuillages tropicaux, une vraie merveille !!! Et les gens portaient pour la plupart des vêtements rouges ou blancs.
La messe fut très belle aussi du au fait que je connaissais la plupart des chants, car nous avions enregistré pour la télévision des “carols” (chants de Noël) le 19 novembre dernier (diffusion nationale s’il vous plaît, pour la première année de carols catholiques, et ce dans la cathédrale de Melbourne - et pas Sydney, nananèreuh), séance d’enregistrement à laquelle j’ai assistée et où j’ai découvert les chants traditionnels “australiens” (en fait ce sont tous des chants européens datant pour la plupart du XIXe siècle). Sans compter qu’on a terminé la veillée ce soir sur Les Anges dans nos campagnes (en anglais bien sûr et avec des notes qui changent dans les couplets, mais le Glooooooria est le même alors ça allait) qui m’a très beaucoup ému.

On commence ce petit florilège de “carols australiens” avec mon préféré, celui qui me rappellera toute ma vie mon “premier Noël pas en famille” comme m’ont dit les Soeurs, qui est extrêmement bien construit car chaque couplet correspond à un des antiphons de l’Avent (la dernière semaine de l’Avent, chaque jour est consacré à un des noms utilisés pour appeller le Messie… cf mon blog d’Avent). Bref une vraie petite merveille. (et je signale juste au passage, comme ça, que la musique a été composée par un français ^^’)

Ci-dessus mon autre préféré, Adestes Fidelis, j’aime tout particulièrement la grosse montée sur le “o come let us adore him” (ici la version est en latin, ça donne donc “venite adoremus”)

Et à présent des chants que je n’ai chanté que deux fois mais que je trouve supers chouettes et très faciles à apprendre quand même : O Little Town of Bethlehem et Once in Royal David’s City

The First Noël (chanté chez les Soeurs et dans la rue dimanche)

Et pour finir en beauté, je signale A Maiden Most Gentle qui devrait vous rappeler un autre chant religieux TRES célèbre…

 
 

Et son règne n’aura pas de fin 21 décembre 2008

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Dernier dimanche de l’avent… mais quel dimanche !

Pour vos petites oreilles, Tapu te poo, ou Minuit Chrétiens chez les Maoris

Oui c’est incroyable le chemin que peut faire une petite chanson française de Noël…

Je suis vraiment entrée dans la préparation de Noël à l’australienne mercredi soir quand j’ai aidé les résidents de chez les Petites Soeurs à faire leur sapin… je crois qu’il n’y a plus une seule branche vide… mais l’ambiance était incroyable, tout le monde chantait des chants de Noël, tous les petits vieux rigolaient et se faisaient des blagues, j’ai passé un très bon moment, presque “en famille”.

Vendredi j’ai eu ma dernière Christmas Party avant Noël… et là j’ai enfin compris le principe. Chez nous, le repas de Noël, c’est SURTOUT pour manger. A la cantine du lycée Saint Sernin, tu vas avoir un vague pâté de canard mais sur un petit toast et ta petite clémentine sera dans un joli papier qui brille. Parce que c’est Noël et Noël c’est “la bonne bouffe”…
Ici, tu te retrouves dans un resto quelconque à commander un fish et chips… joyeux Noël ! En fait, le principe de la Christmas Party, c’est qu’il faut BOIRE, le plus possible pendant plus de 24h si tu peux. Alors un bon petit plat, quel intérêt, tu feras pas la différence d’avec d’habitude au bout de quelques verres… donc en gros quand nous asseyons pour manger toute la journée, les australiens s’attablent pour boire… cela dit c’est convivial hein, juste qu’au niveau “gastronomie de Noël”, c’est pas en Australie qu’il faut aller… sans compter qu’en bons anglais, ils mangent de la dinde et du pudding…

Alors hop un petit “Hula Holy Night” par une illustre inconnue avec une très mauvaise qualité en plus

J’ai donc vécu ma dernière messe de l’Avent dans une église polonaise où Dorothy m’a emmenée hier soir… avec un ENORME portrait de Jean-Paul II dans un coin, que j’ai dit à Dorothy en sortant “et dire que c’est à cause de lui que je suis là… et en plus il a l’air plutôt content de lui !” Bon évidemment comme toute la messe était en polonais, je n’ai absolument rien compris mais j’ai réussi à suivre quand même un minimum et c’était une expérience intéressante…

sapin melbourne

Ce midi, j’ai rejoint la communauté de l’Emmanuel de Melbourne, invitée par une amie indonésienne, pour chanter des Carols à côté du sapin géant en métal… c’était très sympa, et j’ai appris plein de chouettes chants… anglais du XVe siècle, ben non le chant de Noël australien n’existe pas !!! Les chants traditionnels anglais seront à découvrir sur ce blog le soir de Noël donc le 24 à midi pour vous :)

J’attends avec impatience jeudi pour connaître mon premier “Noël au soleil” (28 degrés et un très beau temps sont prévus par la météo, ce qui me convient parfaitement, je pourrais être en jupe et sandales sans avoir trop chaud ni trop froid ^^’)
Et rendez-vous tous les soirs jusqu’à mercredi pour LE conte de Noël australien par excellence, traduit par mes soins tout spécialement pour vous ^^


Un grand classique pour clôturer cette série spécial “Noël au soleil” !

 
 

Le Seigneur est proche 14 décembre 2008

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Avant qu’on ne soit lundi en France et que Lodi me dise que je ne tiens pas mes promesses, la version suédoise “glam” de Minuit Chrétiens, soit O Helga Natt. C’est beau hein ? Personnellement j’adore le monsieur très viril avec son petit pull col moulant en rouge à la guitare.

Ca n’étonnera personne quand je vous aurais dit que ce sont des potes à The Darkness…

Moi personnellement je ne laisserais jamais mes enfants rentrer dans la maison d’un homme en pantalon moulant à lacets mais bon…

Bon et ils sont où les punks allemands que j’ai promis à Lodi la semaine dernière ? Ils arrivent, ils arrivent…

Si jamais tu n’avais pas reconnu, c’est Stille Nacht par Die Toten Hosen.

Allez, paix, joie et bonheur. Et que Dieu bénisse les gens qui ont volé le rétroprojecteur de l’église de Glenroy la semaine dernière.

Oui parce que c’est pas l’esprit de Noël qui étouffe les australiens, j’aurais du me méfier de cette Christmas Party de vendredi à la National Gallery où le thème était “les créatures de la nuit”. Non mais peut-on vraiment faire autant “anti-Noël” que ça ???

Cela dit, j’entame ma dernière semaine d’un stage fabuleux (Christmas Party cauchemardesque ou non) et la semaine prochaine, je nagerais peut-être avec les Apôtres pour le 4ème dimanche de l’Avent ^^

 
 

Préparez le chemin 7 décembre 2008

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Sandi Patti - Young Messiah Tour

Vous l’aurez compris, cette année, je vous ai choisis de chouettes versions internationales de Minuit Chrétiens… cette semaine la version “anglo-saxonne”, avec une dame qui crie - instrument principal, et ne vous plaignez pas, j’aurais pu choisir la version de Céline Dion avec un final… impressionnant. En plus selon Wikipédia, Sandi Patty est une chanteuse rien que de chants religieux et de chants de Noël, alors hein, c’est un peu comme la Josette Akepsimas de l’Amérique.

Plus sérieusement, cette semaine, j’ai participé à ma première Christmas Party australienne (et a priori la seule où je serais invitée) chez les Petites Soeurs des Pauvres. J’ai été invitée car je suis volontaire le mercredi soir, je sers les repas à mes anciens compagnons de cantine ! J’ai par ailleurs demandé aux soeurs s’il m’était possible d’être volontaire pour Noël et elles ont accepté. Je passerais donc la nuit du 24 au couvent avec mes petits vieux et mes bonnes soeurs et je suis sûre que ça sera un super Noël !
Dooonc une Christmas Party, c’est une sorte de pot de fin d’année mais avec le prétexte de Noël. Disons que les Christmas Parties où va Dorothy (et qu’elle me raconte ensuite) sont de bêtes soirées normales mais où les gens se forcent à aller car c’est la Christmas Party, oh, c’est la fête quoi. Cela dit les soeurs ont voulu elles donner un minimum de sens chrétien à leur Christmas Party et le clou de la soirée a été le “Christ Candle” où chacun a tiré au sort le nom d’une autre personne de l’assemblée et doit prier une fois par jour jusqu’à l’Epiphanie pour cette personne. Si elle la connaît (ce qui n’est pas mon cas), elle peut aussi lui faire un cadeau pour Noël mais ce n’est pas obligatoire. J’ai donc eu une nouvelle intention !!!

Mon Dieu, nous n’avons donc pas inventé “le Jeu de Noël”, c’est une coutume allemande en fait !

Bon pour terminer ce message de deuxième dimanche d’avent en beauté, une petite vidéo dont le lien m’a été envoyé pour Auré (ce qui est incroyablement étonnant)

Et enfin, une super chouette vidéo d’un organisme américain Advent Conspiracy pour nous promouvoir un message très joli et très en phase avec la crise… et je trouve que la vidéo est super bien faite et qu’elle peut parler à tout le monde, croyants ou non, anglophones ou non.